Du 13 décembre au 15 janvier 2010, la Galerie Rollin à Rouen présente une large rétrospective de Roland Lefranc. On y voit même pour la première fois les dernières oeuvres du peintre bas-normand, réalisées pendant son dernier été, l'été 2000, des paysages marocains.
Roland Lefranc a exposé pour la première fois chez Rollin en 1979 et il y retournait fidèlement tous les deux ou trois ans. C’est dire les liens d’amitié qui unissaient le peintre et le galeriste, Dominique Rollin. Trente ans après la première expo de Lefranc chez lui, Dominique a le bonheur de pouvoir présenter une cinquantaine d’œuvres de formats très variés, des huiles sur toile, des lithographies et des dessins, ainsi que des aquarelles sur le thème de la musique. Les œuvres sont représentatives de la période allant de 1980 à 2000. Les thèmes proposés sont très divers. Si les marines sont nombreuses, on y voit aussi l’île de Ré, des scènes de fenaison, des vues du lac Léman ou les dernières toiles peintes par Lefranc au Maroc (Essaouira, les ksours…)
Né à Carcagny, dans le Calvados, d’un père commerçant qui y tenait le café-épicerie du village et d’une mère institutrice, Roland Lefranc est resté très attaché à sa région natale. La mer, le rivage, en particulier celui de la côte de Nacre, avec ses nuances typiques de bleu, de gris, de vert, ont longtemps été chez lui un thème de prédilection.
Mais, à partir de 1990, année où il découvre la Russie, Roland a effectué de nombreux voyages dans les pays lointains (Pérou, Bolivie, États-Unis, Chine, Vietnam…) et les thèmes marins sont devenus moins présents dans sa création.
Curieux tout de même que Roland ait attendu 1999 pour faire partie du corps prestigieux des peintres agréés de la Marine… À écouter Maïté Lefranc, l’explication est toute simple : « Tous les deux ans, Roland proposait une toile pour la Biennale au Salon de la Marine au musée du Trocadéro ; et chaque fois sa toile était retenue. Mais, pour devenir peintre agréé de la Marine, pour avoir le droit de signer d’une ancre, il faut passer devant un jury composé de critiques d’art, d’amiraux et de peintres déjà agréés de la Marine. Et surtout il faut en présenter la demande. Mais cette lettre, Roland ne voulait pas l’écrire… » Et c’est pour faire plaisir à sa femme qu’à l’occasion de l’anniversaire de celle-ci, il consentit à signer la lettre de demande que Maïté avait écrite… « Encore fallait-il qu’une place se libère dans l’année, car Roland m’avait bien prévenue qu’il ne signerait cette lettre qu’une seule fois ! » Deux places s’étant libérées cette année-là, Roland fit enfin son entrée dans ce cercle très fermé et put désormais signer ses tableaux de l’ancre si convoitée. Il ne regretta pas de s’être laissé fléchir. « Il a eu le temps de faire une campagne sur la Jeanne d’Arc et il aurait certainement fait le tour du monde si la mort ne l’avait pas surpris très peu de temps après, en août 2000 ».
Aujourd’hui la cote de Lefranc se maintient magnifiquement et les demandes d’expositions se multiplient. De nombreux hommages lui ont été rendus depuis sa disparition et Maïté Lefranc organise régulièrement des manifestations dans des musées, comme à Condé-sur-Noireau en 2002, et en 2007 à l’hôtel de Bourgtheroulde à Rouen, siège du Crédit industriel de Normandie, ou encore au musée Baron Gérard à Bayeux. Et en mai prochain, on pourra voir des toiles de Lefranc à la Galerie Doublet à Avranches, avec des œuvres d’autres peintres agréés de la Marine.
Ouvert du mardi au dimanche de 9 h à 12 h 30 et de 14 h à 19 h.